Aelred
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le blog Abba Père, nouvelle formule.
Ce blog est en effet l'extension d'un premier site créé sur le réseau Blogspirit (http://abbafather.blogspirit.com) mais arrivé à saturation de mémoire. Je vous invite cependant à la consulter pour y lire les méditations postées tout au long de l'année écoulée.
Qui que vous soyez, j 'espère que la lecture de mon site sera pour vous l'occasion d'une halte spirituelle et méditative dans votre voyage à travers la blogosphère.
Quelques mots de présentation....
Je suis étudiant dans une grande école, chercheur en Histoire, catholique et aussi comédien amateur à ses heures perdues. Pourquoi ce blog Abba Père ?
Je souhaite livrer mon témoignage de catholique homosexuel et ainsi aider des chrétien(nes) homosexuel(les) à marcher avec confiance aux côtés du Christ. Par mon parcours, j'espère pouvoir les aider à sortir de leur culpabilité, de leur repli sur soi pour qu'ils ou elles découvrent à nouveau la joie d'être aimé(es) par le Père tel(les) qu'ils ou elles sont.
Je vous propose de lire mon témoignage publié sur mon ancien blog :
http://abbafather.blogspirit.com/temoignages
Les saints qui m'accompagnent dans ma vie de Foi et à la prière desquels je confie toutes les personnes que j'aime ainsi que tous les lecteurs de mon blog :
La sainte Vierge Marie
Que son Oui de chaque jour soit aussi le nôtre pour que nous aussi nous puissions accueillir le Dieu fragile qui se confie à nous et devenir le Berceau de Dieu !
Saint Aelred de Rielvaux (XIIème siècle)

Saint Aelred, moine cistercien anglais du XII ème siècle est un des maîtres spirituels du mouvement cistercien. D'après les historiens et à la lecture de ses oeuvres, il était homosexuel. Son charisme a été de délivrer un enseignement très profond sur la grandeur et la beauté de l'amitié dans la vie chrétienne. Ce fut un moyen pour lui de vivre son homosexualité, chastement et dans la continence, dans le cadre du monastère. Pour les chrétiens gays d'aujourd'hui, il ne s'agit pas de vivre comme un moine du XIIème siècle mais de vivre dans la chasteté de l'esprit et du corps (différente de la continence) c'est à dire dans l'intimité de la vie Divine qui fait de nous des Hommes donnés et debouts. Pour cela l'enseignement et la prière d'Aelred qui s'adressent à tout un chacun, sont des fruits inépuisables. En tant que chrétiens homosexuels, nous avons le devoir de témoigner face à un monde gay à la culture très superficielle et sexuée, que l'Amour véritable, dans la fidélité et le respect, est possible entre deux personnes de même sexe.
St François d'Assise
J'ai une affection particulière pour ce grand saint, un des plus grands de toute l'histoire de l'Eglise probablement. Maurice Zundel, le François d'Assise du XXème, disait de lui qu'il était le plus grand théologien de l'Eglise. Pourquoi ? parce que François a vécu jusque dans sa chair cette tragédie de l'amour crucifié, il a compris et vécu la pauvreté et l'abandon du Dieu de Jésus Christ, il a compris que Dieu était plus mère que toutes les mères. Voici un texte de Maurice Zundel sur l'incroyable découverte qu'à fait François :
Pour la première fois, dans l'Histoire chrétienne, un homme a compris jusqu'au fond les Béatitudes, dont la première est justement: Bienheureux ceux qui ont un coeur de pauvre, car le Royaume des Cieux leur appartient. (Mt 5.3)
Sans doute, la pauvreté, on la connaissait comme un exercice, comme un sacrifice, comme un ascétisme, et les moines l'avaient pratiquée depuis toujours. Mais ce qu'on ne savait pas, ce que François nous apprend pour toujours, c'est que la pauvreté cela veut dire tout simplement que la Divinité n'est pas autre chose que son Amour.
Les Docteurs, St Augustin en particulier, avaient médité sur la Divinité, sur les abîmes de Dieu dans la Trinité des Personnes, mais aucun n'avait compris, comme St François le vit, aucun n'avait compris que la Trinité voulait dire: Dieu est Celui qui n'a rien; que la Trinité veut dire: la Divinité n'est à personne, parce que la Divinité c'est le jaillissement éternel de la Lumière et de l'Amour du Père dans le Fils, du Fils dans le Père, et du Père et du Fils dans le Saint-Esprit.
François qui n'est pas un docteur, qui n'est pas un homme d'école, François parle par image... mais cette image est vivante, c'est du Feu, cette image le saisit et le traverse tout entier, et cette image va prendre possession de l'histoire chrétienne, et va permettre à la pensée chrétienne de sortir de l'impasse, de quitter le Moyen Age où elle est tentée de s'enfermer: Si Dieu est la Pauvreté, si Dieu n'a rien, si la Divinité consiste à se donner toujours et totalement, si la Divinité n'est pas plus au Père qu'au Fils et au Saint-Esprit, si Elle n'est à personne, si cet océan de Lumière et d'Amour n'est qu'une offrande éternelle, les échanges entre les trois Personnes, alors Dieu n'est plus le Maître, le Pantocrator, l'Empereur et le Roi. Il est seulement l'Amour, et l'Amour n'a prise que sur l'Amour. Toutes les tendresses du monde ne peuvent rien contre un coeur fermé. Toutes les tendresses du monde peuvent transfigurer une vie qui s'ouvre; mais si elle se refuse, l'Amour est impuissant.
Et c'est ce que François nous apprend. C'est ce qu'il vit. C'est ce qu'il nous transmet. C'est ce qu'il affirme de lui: le grand compatissant, ce Dieu Amour est aussi un Dieu Victime, car s'Il ne peut rien d'autre qu'aimer, Son Amour peut être tenu en échec, et cet échec, c'est la Croix.
"Il est donc vrai que Dieu peut mourir, que la créature a cette puissance de tuer Dieu. Et François n'en finira plus de pleurer sur la Passion de Jésus Christ. Il pleurera sur cette Passion jusqu'à en devenir aveugle, et quand il chantera le Cantique du Soleil en face de la mort, du moins quand il voudra l'entendre chanter, ce Cantique des Créatures, c'est à peine s'il voit encore la lumière qui s'incline au soir de cette journée du 3 octobre 1226.
"Ah! il sait que Dieu n'est pas Celui qui nous domine et nous écrase. Il sait que Dieu, c'est Celui qui nous est livré parce qu'Il n'est rien d'autre que l'Amour; Il ne peut rentrer chez nous qu'avec le consentement de notre liberté, et si notre coeur se ferme, si notre âme se bloque, Dieu Lui-même est exilé, Dieu Lui-même ne peut que mourir".Alors tous les rapports entre l'homme et Dieu sont changés parce qu'il ne s'agit plus de se soumettre sous la férule d'un despote: il s'agit de collaborer avec un Amour qui se propose toujours sans s'imposer jamais. Il s'agit d'achever une création qui demeure toujours imparfaite tant que nous n'avons pas fermé l'anneau d'or des fiançailles éternelles. Et, en effet, si Dieu ne touche le monde que par son Amour, s'il est le fruit de Sa tendresse, le monde n'existera dans sa plénitude qu'en se faisant lui-même offrande d'amour et réponse à la tendresse infinie de Dieu.
Blaise Pascal, les solitaires et les religieuses de Port Royal du Saint Sacrement (XVII ème siècle)
Port Royal a été vu à tort dans l'Eglise de France comme étant la source de tous les maux et de toutes les dérives qui ont participé à desservir l'Eglise : éloignement des sacrements et j'en passe. Certes, on ne peut nier la rigueur qui marquait la piété des port-royalistes. Mais réduire la spiritualité de Port Royal aux caricatures et aux visions fausses souvent répandues ( communion peu fréquente, négation totale de la liberté humaine, vision d'un Dieu despotique) est une erreur.
Je tenterai dans un futur post de revenir sur ces visions erronées et sur l'histoire de Port Royal et de sa spiritualité. Mais d'ores et déjà, il est important de noter combien les religieuses et les Messieurs de Port Royal se sont nourris des sources authentiquement chrétiennes qui furent celles de l'Ecole française de spiritualité au XVIIème siècle: Les pères de l'Eglise et St Augustin, la spiritualité de St Benoît et de St Bernard, l'enseignement de St François de Sales et de Bérulle tous deux amis de la mère Angélique (réformatrice du monastère) et de l'abbé de St Cyran (le directeur spirituel de Port Royal).
La grande force de la spiritualité de Port Royal fut l'accent mis sur l'abandon à l'Amour du Dieu éternellement pauvre pour transformer les profondeurs de notre moi, l'ouverture du coeur humain à la Présence intérieure de Dieu par l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement et une pratique eucharistique et sacramentelle vraie et profonde dans un monde où les approximations jésuites conciliaient trop souvent vie dissolue et vie sacramentelle, primat absolu de la liberté de conscience contre tous les absolutismes royaux ou pontificaux. (pour en savoir plus : http://portroyal.free.fr/portroyal/ le site de la société des Amis de Port Royal). Port Royal paiera cet attachement à la liberté de conscience par sa destruction par Louis XIV en 1709.
Voici quelques extraits saisissants du Mystère de Jésus , extrait des Pensées de Blaise Pascal, témoin de l'amour personnel de Dieu pour chaque homme et de sa fragilité.
Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde: il ne faut pas dormir pendant ce temps là
Jésus a prié les hommes et n'en a pas été exaucé
Console toi, tu ne me chercherais pas si tu ne m'avais pas déjà trouvé : Je pensais à toi dans mon agonie, j'ai versé telle goutte de sang pour toi.
Père Maurice Zundel (XXème siècle)
Credo de Maurice Zundel
Je crois en l’homme créateur de l’homme.
Je crois en la trinité humaine, Père, Mère et enfant.
Je crois en la virginité de la paternité et de la maternité authentique.
Je crois en la virginité de l’amour.
Je crois en la communion de la lumière où les personnes s’engendrent et se reconnaissent réciproquement.
Je crois à la valeur infinie du corps humain et à son éternité.
Je crois que Dieu est la Vie et le secret du corps comme il se révèle en lui.
Je crois que Dieu se fait corps autant qu’il se fait homme.
Je crois que le corps ne devient lui-même qu’en déployant sa dimension mystique qui le personnifie et qui échappe à toute possession,
Je crois que l’amour est un sacrement qu’il faut recevoir à genoux.
Dieu est donc bien le dieu des corps, comme nos corps sont appelés à devenir le corps de Dieu pour donner les larmes à sa douleur et plus encore nous rendre sensible: le sourire de son amour.






