21.03.2008

Vendredi Saint : Dieu plus fort que le Mal

En ce jour de Vendredi Saint, je vous propose une méditation d'Olivier Clément, professeur de théologie et de spiritualité au séminaire orthodoxe Saint Serge à Paris, extraite de son livre Taizé, un sens à la vie.

" Il ne faudrait pas croire que Dieu est moins sensible que nous au mal commis par l'homme. Au contraire, il est celui qui en souffre le plus. Mais avec Dieu, le mal n'a jamais le dernier mot ! Dieu est plus fort que le mal ! C'est là toute la Puissance de la foi chrétienne : il n'y a pas les forts et les faibles, les vertueux et les autres, mais il y a le Christ qui est partout, qui est descendu en enfer et qui ne cesse de descendre dans notre enfer intérieur. Nous ne sommes donc jamais perdus, même si nous avons le sentiment de l'être. S'il est vrai qu'en entrant dans la lumière de Dieu, nous découvrons toute notre vie avec lucidité, et qu'il n'y a pas une larme que nous ayons fait verser qui ne soit notre enfer intérieur, c'est aussi à ce moment là que le Christ apparaît et qu'il s'interpose à tout jamais entre l'enfer et nous. Cet enfer,nous dit-Il, je l'ai pris sur moi. Ce que je te donne, c'est l'amour du Père et rien d'autre.

 

Sainte Thérèse de Lisieux disait : Si j'avais commis tous les crimes possibles, je sentirais que cette multitude d'offenses serait comme une goutte d'eau dans un brasier ardent

 

 

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Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (Première lettre à Timothée) et le péché (mais ce n'est jamais un péché définitif) c'est de ne pas comprendre toute la portée, toute la puissance de la Résurrection. Le péché est finalement dans le désespoir. Quelqu'un a dit que le péché de Judas n'a pas été de trahir le Christ, mais de désespérer de son salut. Et même là, je n'en suis pas sûr : quand nous parlons de Judas c'est le Judas intérieur qui est en chacun de nous que nous dénonçons. Quant à la personne de Judas, on ne peut que la remettre au mystère de la Miséricorde divine, la prière n'ayant pas pour but de rendre Dieu miséricordieux mais d'ouvrir l'homme à la Miséricorde de Dieu.

 Il faut prier pour tous car le salut universel n'est pas automatique : dans le coeur de Dieu, tout le monde est sauvé mais encore faut-il que les hommes s'ouvrent à ce salut qui leur est offert. Or la vie et l'amour circulent par la prière et cela change toujours quelque chose de mettre un être humain en relation avec Dieu, avec sa miséricorde, avec sa lumière. Seulement nous n'avons pas absolument la mesure : Dieu n'est limité ni par l'espace, ni par le temps et une existence humaine se déploie à l'infini.

Je demandais au père Sofrony, grand mystique contemporain et moine de l'Athos, ce qui se passerait si un être humain refusait d'ouvrir son coeur et d'accueillir cet amour qui lui est offert. Il m'a répondu : Soyez sûr que, tant qu'il y aura quelqu'un en enfer, le Christ y sera aussi. Et tous ceux qui ont commenté Isaac le Syrien (cf sur ce blog, le post Ne regarde pas nos péchés) dans cette tradition ont rappelé que Dieu reste à la porte de chaque coeur qui lui demeurent fermés et que, s'il le faut, il attendra toute l'éternité que ces coeurs s'ouvrent à Lui. "

 

Olivier Clément

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