25.12.2008

Belle fête de la Nativité

Chers frères et soeurs dans le Christ,

     Je vous souhaite une très belle fête de la Nativité. J'ai prié pour vous tous lors de la belle veillée de Noël provençale à laquelle j'ai participé hier soir. Un très beau moment où la paix et la beauté étaient au rendez-vous. Mais aussi les joies et les souffrances de chacun. J'ai vécu une expérience forte pendant le Notre Père. Toute l'assemblée se tenait la main. La dame à côté de moi m'a lâché la main lorsque nous disons Pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons aussi. et elle m'a dit Mon fils a été assassiné l'an dernier, je ne pardonnerai jamais. Puis elle a repris ma main en la serrant très fort et elle m'a embrassé au moment du baiser de paix.

 

Oui, Seigneur tu es venu avant tout pour cette personne, pour son fils, pour l'assassin de son fils. Dans l'humilité de la crèche, tu nous tends les bras pour nous emplir de Ta miséricorde. En ce jour de Noël, apprends nous à t'accueillir dans nos frères et soeurs et à te recevoir dans nos bras, dans le berceau de nos coeurs.

 

Voici une petite méditation du Moine de l'Eglise d'Orient tirée du recueil spirituel Jésus, simples regards sur le Sauveur.

 

Généalogie de Jésus-Christ : ainsi commence l'Evangile. Cette longue liste de noms hébreux, que signifie-t-elle ? Pour les Juifs, nécessité de souligner la descendance davidique du Messie. Autre sens : dans cette lignée, il y a des meurtriers, des adultères, des incestueux. Si Jésus naît dans mon âme, il y naît malgré et à travers l'accumulation de mes péchés. Jésus perce, trouve sa voie à travers mes fautes, les surmontant l'une après l'autre. C'est sa généalogie en moi. Dans cette percée, resplendit sa miséricorde, sa condescendance (au sens étymologique du terme : descendre avec nous), sa force aussi.

 

 

photo024.jpg

Généalogie de Jésus :

L'arbre de Jessé de George Braque (Eglise de Varengeville, Normandie)

 

Marie, portant l'enfant dans son sein, et Joseph vont se faire inscrire à Bethléem. Ce n'est ni à Rome, ni à Athènes, ni à Jérusalem que Jésus a voulu naître. De même, le mystère de la Nativité de Jésus ne nous est accessible que dans la pauvre bourgade de Judée. Monter à Bethléem, devenir citoyen de Bethléem, acquérir -non obtenir- l'humble esprit de Bethléem.

Les anges ne disent pas simplement aux bergers qu'un Sauveur est né. Ils disent : Il vous est né un Sauveur. Jésus naît pour chacun des bergers. Sa nativité demeure pour chacun de nous un évènement très personnel : Jésus est un don offert à chaque homme.

 

 

21%20ARCABAS%20MADONE%20A%20L%20ENFANT.jpg

 

 

   Il n'y a pas de place dans l'hôtellerie pour Marie portant Jésus et pour Joseph. Il n'y a pas de place dans l'hôtellerie de ce monde pour le disciple de Jésus. Si je parviens à m'y ménager une place, quelle facilité dangereuse ! Qu'y a t-il de commun entre l'hôtellerie et la crèche ?

  Les Mages, divinement avertis en songe, regagnent leur pays par un autre chemin. Ils doivent éviter Hérode. Dans un sens spirituel : celui que Dieu a conduit jusqu'à la crèche peut bien rentrer chez lui, dans son pays, dans sa maison, mais ce sera par un autre chemin. C'est à dire que les motifs, les attitudes, la manière d'être, les moyens employés ne peuvent plus être les mêmes. Si l'on est allé à Bethléem, un changement radical intervient.

Il avait été révélé à Siméon que celui-ci ne mourrait pas sans avoir vu le Sauveur. Oh ! Combien je voudrais avoir une telle assurance ! Ne pas mourir sans avoir vu Jésus. Non le voir par les yeux du corps, mais le voir (le voir vraiment) par les yeux de la Foi. Après ma mort, j'espère le voir autrement.

A Siméon, il fut donné plus que de voir Jésus. Il prit l'Enfant dans ses bras. Seigneur, laisse moi étreindre invisiblement le petit enfant.

L'ange ordonne à Joseph de prendre l'Enfant et Sa Mère et de fuir en Egypte. Il y a des temps où, parce que nous sommes trop faibles, il vaut mieux fuir le danger, nous retirer à l'écart. Mais il faut prendre avec nous ce qu'il y a de plus précieux, prendre Jésus, prendre l'Enfant dans sa petitesse, dans sa faiblesse (qui fortifieront notre propre faiblesse). Et avec lui, il faut prendre sa mère, comme le disciple bien-aimé la prit après la neuvième heure. Le mystère de Marie, inséparable du mystère de Jésus : mystère de miséricorde et de tendresse.
Père Lev Gillet, Moine de l'Eglise d'Orient.

07.12.2008

Sur le chemin de Noël : Jean le Baptiste

 Chers frères et soeurs dans le Christ,

 

       Je profite de l'Avent pour reprendre du service et réveiller un peu ce blog. Depuis une semaine, nos églises ont revêtu leurs robes violettes et ce temps de l'Avent, comme chaque année, nous invite à veiller dans l'Espérance. L'Evangile du jour nous donne à contempler la figure de Jean le Baptiste, le dernier des prophètes. Deux termes pourraient résumer l'Evangile de ce jour : Humilité, Conversion.

Humilité du Baptiste qui s'efface pour mieux laisser sourdre en lui le visage du Dieu qu'Il annonce, le Dieu de Jésus-Christ. Un mystique rhénan du XIVème siècle nous a laissé un beau poème qui pourrait nourrir notre méditation.

 

 

Le Christ n’a plus de mains …

 

Le Christ n’a plus de mains,

Il a seulement nos mains

Pour faire aujourd’hui son œuvre.

 

Le Christ n’a plus de pieds,

Il a seulement nos pieds

Pour aller aujourd’hui aux hommes.

 

Le Christ n’a plus de voix,

Il a seulement notre voix

Pour parler aujourd’hui de Lui.

 

Le Christ n’a plus de forces,

Il a seulement nos forces

Pour guider les hommes à Lui.

 

Nous sommes le seul Evangile que les Hommes lisent encore

 

Nous sommes le dernier message de Dieu écrit en actes et en paroles.

 

 

 

 

 

 

06%20VENICE%20MINISTRY%20OF%20JOHN%20THE%20BAPTIST.jpg

 

 

Saint Jean-Baptiste 

 Mosaïque de Pompéi.

 

 

 

 

 

 Conversion à laquelle nous appelle Jean le Baptiste. Antoine Bloom, ancien métropolite de Londres rattaché au patriarcat de Moscou, réfléchit sur la conversion dans sa lecture spirituelle de l'Evangile selon saint Marc, Rencontre avec le Dieu Vivant (Cerf).

 

 

 

     Le repentir consiste en une prise de conscience, en une prise de décision et une mise en conformité de nos actes. Je puis ici vous faire part d'un des enseignements de saint Tikhon de Zadonsk. Il conseille à un jeune prêtre de dire à ses fidèles que l'on s'achemine vers le Royaume de Dieu la plupart du temps non en allant de victoire en victoire mais de chute en chute. Arrive au royaume celui qui, après chaque chute, au lieu de s'asseoirau bord du chemin pour pleurer sur lui-même, se relève et poursuit sa route ; et quel que soit le nombre de ses chutes, il se relève et il marche. Voici ce dont il faut toujours se souvenir : c'est que le repentir total et instantané n'existe pas. Il y a assurément des âmes, des géants de l'esprit capables de faire une prise de conscience instantanée de leur état de péché et de modifier sur le champ le cours de leur vie ; quant à nous, la plupart du temps, nous le redressons progressivement, pas à pas. Rappelons nous les paroles de saint Tikhon de Zadonsk : ne t'afflige pas sur toi-même, lève toi et marche, que ce soit dans les larmes, que ce soit dans un sentiment d'horreur, mais marche, sans t'arrêter.

 

 

Mgr Antoine de Souroge, ( Antoine Bloom) ( + 2003), ancien métropolite de Londres et du diocèse orthodoxe de Grande-Bretagne.  

 

 

 

Bel Avent à toutes et à tous.