08.04.2007

Christ est ressuscité !

Chers frères et soeurs,

 Me voici en congé et donc de retour sur la toile.

Je vous souhaite à toutes et à tous une belle fête de Pâques dans la joie et la confiance en Christ ressuscité.

Ce carême puis cette semaine sainte m'ont donné la grâce d'explorer cette confiance en un Dieu qui donne sens à notre vie et qui en est le fil rouge secret mais puissant.

à très vite mes amis....

 

 

 

CHRIST EST RESSUSCITE !!  ALLELUIA !!  ALLELUIA !!

 

 

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01.03.2007

Vivons nous vraiment des sacrements ?

 Chers frères et soeurs,

 

 

 En ce temps de Carême, nous sommes invités à vivre pleinement des sacrements de l'Eglise et principalement du grand mystère de l'Eucharistie et de celui de la réconciliation pour nous préparer au feu de la Résurrection. Mais qu'entendons nous vraiment par sacrement ? Qu'est  ce que les sacrements apportent à notre vie chrétienne ? 

 

Voici un très beau texte de Zundel où loin des homélies pieuses, ce grand mystique nous invite à faire de notre vie ce sacrement...

 

 

 

Comment faire l'accord entre cette exigence communautaire exprimée magnifiquement dans le terme même de "catholique" qui veut dire universel, comment cette exigence communautaire peut-elle s'accorder avec ce voeu profond, irrépressible de religion personnelle?  C'est par le moyen du Sacrement.

 

 

Le Sacrement fait le joint entre la religion personnelle et la religion communautaire; et par "sacrement", j'entends non seulement les sept signes sacrés que l'on désigne de ce nom, mais toute l'Eglise elle-même. L'Eglise elle-même, tout entière, est d'abord un immense sacrement où tout doit être considéré comme tel: les personnes, les livres, les doctrines, les rites, les choses.

 

Or, qu'est-ce qu'un sacrement? Eh bien, si vous le voulez, un sacrement (pour faire court) pour en donner immédiatement une illustration bien visible, c'est quelque chose comme un geste de tendresse, quelque chose comme le "Oui" du mariage qui est bien quelque chose de sensible: on peut entendre ce "Oui" du mariage, on peut voir le baiser qu'une mère donne à son petit enfant endormi, mais il est clair que ce geste, il est clair que ce mot, n'a de sens que par le dedans. Aussi bien, annule-t-on les mariages où le "Oui" n'a été qu'une feinte, où le "Oui" n'a pas été prononcé librement et intérieurement.

 

 

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 Il y a donc un régime des signes, un régime des symboles qui constitue d'ailleurs le véhicule de toutes les relations humaines, qui n'a de sens que par le dedans, tellement que, s'il n'y a personne derrière le signe, le signe se vide de toute signification.

 

Et voilà justement dans l'institution sacramentelle, ou plus exactement dans l'organisme sacramentel, voilà le caractère décisif: "Tout le dehors doit être pris par le dedans". Aussi bien, disons-nous fort justement que l'Eglise est le Corps Mystique de Jésus; car dire que l'Eglise est le Corps Mystique de Jésus, c'est dire précisément qu'elle en est un signe qui ne peut être atteint que par le dedans, c'est à dire rigoureusement par une vie mystique. Il faut être en union profonde, en union personnelle, en union actuelle avec Jésus pour concevoir toutes les richesses, toute la grandeur, toute la beauté du mystère de l'Eglise, cette Eglise qu'Il est Lui-même sous ce voile des signes, des signes personnels ou des signes matériels, mais toujours Lui, comme un Visage qui transparaît derrière le Voile de Véronique.

 

 

 

 

 

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Il est absolument essentiel d'apercevoir ce Visage de Jésus pour échapper, justement, à cet aspect écrasant d'une religion communautaire qui serait une religion de groupe, d'une religion imposée par la géographie ou par l'hérédité. Mais non, un catholique, un chrétien  - et toute la crise de la Réforme aurait pris une autre tournure si on l'avait comprise -  un chrétien ne peut vraiment être membre vivant de l'Eglise que par une religion personnelle, parce que la communauté chrétienne est axée sur la solitude de la Foi, de l'Espérance et de l'Amour.

 

 

Vous le savez bien, d'ailleurs, en ce moment, en ce moment où vous m'écoutez, en ce moment où vous méditez, en ce moment où vous entendez une parole identique, chacun l'entend dans le silence de lui-même, chacun de vous lui fait un sort différent selon ce qu'il est lui-même; comme lorsque nous assistons à un concert, et que ce concert nous saisit tous avec une parfaite unanimité, à travers cette musique que nous devenons chacun, chacun à sa manière, qui constitue un lien merveilleux entre nous; et ce lien pourtant, ce lien a son secret dans la solitude.C'est justement quand notre solitude est parfaite, quand nous sommes recueillis au plus intime de nous-même, que la communion s'établit parfaitement avec les autres, dans la mesure où eux-mêmes ont rejoint leur solitude. Il y a ainsi une espèce de respiration commune en face d'une Présence qui est le bien commun de tous, mais qui est aussi le secret le plus personnel de chacun.

 

Davantage: on peut dire que le sacrement, c'est un voile qui, non seulement se propose d'unir par un symbole visible toute l'humanité, mais un voile qui dérobe un secret afin que chacun le découvre à sa manière et soit sollicité d'en faire, en quelque sorte, l'invention au plus intime de soi.

 

 La petite fille qui avait fait sa première communion et qui disait ce mot magnifique pour traduire l'impression qu'elle en avait reçue: "Pour moi, Il m'efface!", elle avait compris bien autrement que la plupart de ses petits camarades qui répétaient des mots tout faits, qui avaient vécu tout cela par le dehors, et qui avaient d'abord regardé leur robe ou leur brassard. Elle était allée tout de suite au centre, et elle avait contracté avec le Christ ce lien personnel d'où jaillit le dialogue de la liberté, et elle pouvait traduire cet événement merveilleux dans ce mot pascalien, il est inépuisable: "Pour moi, Il m'efface!".

 

Il est donc certain qu'être chrétien, constituer cette chaîne d'amour qui doit faire l'union de tous les peuples en Jésus, participer aux événements communautaires qui sont pleins de la Présence du Seigneur, ce n'est pas renoncer à une religion personnelle, c'est s'engager au contraire à en avoir une, parce que ces signes sont impénétrables sans une véritable vie mystique, sans un contact authentique et personnel avec Jésus.

 

Les sacrements veulent nous conduire chacun à notre solitude, à ce coeur à Coeur avec Dieu, à ce mariage d'amour célébré par l'apôtre, afin que jaillisse de nous ce "Oui" qui ferme l'anneau d'or des fiançailles éternelles.

 

 

 

Il n'y a donc aucune opposition dans le Christ entre la religion communautaire et la religion personnelle. Au contraire, elles sont identiques, comme la communauté a ses assises dans la solitude, comme le bien commun de tous est le secret le plus personnel de chacun. Aussi bien, l'éprouvai-je chaque matin en célébrant la Messe dans le silence de l'aube, dans ce silence prodigieux des premières heures, éprouvai-je cet accord fondamental dans cette action prodigieuse de la Messe, de la divine liturgie où l'on va à la rencontre d'un Vivant, ou plutôt d'un Crucifié qui va ressusciter au cours de cette action même; dans cette action prodigieuse où l'on s'achemine vers le coeur du silence, il est impossible de ne pas éprouver l'accord entre un geste communautaire  - qui est d'ailleurs purement sacramentel  -  et la solitude la plus parfaite de l'âme.

 

 

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L'un s'identifie parfaitement avec l'autre; et la prière liturgique, cette prière volontairement impersonnelle, cette prière si souvent banale, cette prière est le sacrement d'une autre prière, cette prière de chacun, cette prière qui est chacun, cette prière qui assume toute la vie, cette prière qui peut aller au laboratoire, qui peut aller au concert, qui peut aller à l'école, qui peut aller au jeu, au match de football ou au ballet russe.

 

 

 

 

Voyez cette danseuse: Isadora Duncan, qui disait aux Sakaroff, devant lesquels elle exécutait un numéro, et qui l'admiraient de toute la tendresse qu'ils éprouvaient pour elle: "Ne me regardez pas: ce n'est pas moi, c'est l'Idée!" Elle voulait donc rendre témoignage par sa danse à une Présence, elle voulait s'effacer dans cette Présence, elle voulait qu'on ne remarquât qu'elle. Par conséquent, elle rendait hommage de tout son être, de tout son art, à la Beauté, et c'était déjà une attitude religieuse, une attitude mystique.

 

Précisément, si nous allons jusqu'au fond de la pensée chrétienne, si nous vivons pleinement la vie de l'Eglise par la foi, par l'espérance et par l'amour, c'est à dire par l'intérieur, par un contact toujours plus personnel avec Notre Seigneur, nous pourrons trouver, et nous trouverons effectivement, dans tous les aspects de l'univers, dans tous les visages de l'humanité, dans tous les arts et dans toutes les sciences, un aliment qui correspondra à notre passion d'aujourd'hui.

 

 

 

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 Il faudra donc donner carrière, à travers la religion sacramentelle, à cette religion personnelle qui doit être pour chacun de nous une invention de chaque jour car, comme nos dispositions changent, comme nos besoins ne sont pas les mêmes, comme nos passions ont des allures différentes, il faudra, pour équilibrer toutes les prodigieuses richesses de la vie quotidienne, il faudra renouveler notre passion de Dieu par une découverte toute neuve à chaque instant.

 

 Ne craignons donc pas de suivre les suggestions de l'art, de la musique, de la science, du sport et de la beauté sous toutes ses formes visibles ou invisibles, parce qu'il importe que tous les plans de notre être soient nourris, soient aimantés, soient séduits par la Présence et la Beauté de Dieu.

24.02.2007

Marcher en fils de Lumière

     Le temps du Carême est un moment privilégié pour oublier notre rythme de vie effréné pour laisser la respiration divine nous envahir et nous donner le repos.

Bien souvent nous sommes pressés, nous voulons tout, tout de suite. Comment faire confiance à la Providence dans cet état d'esprit là ? Pour ma part, je m'aperçois de la vanité et de l'inutilité d'une telle démarche. Alors j'essaie d'être vigilant pendant ce Carême à laisser le Christ agir. C'est dur mais à chaque petite victoire sur son égoïsme on découvre combien le Seigneur ne cherche pas à nous frustrer mais au contraire à nous élever vers Lui.

Puissions nous découvrir chaque jour ce Visage du Christ sans cesse renouvelé, sans cesse inattendu, éternellement jeune. J'aime beaucoup les prières de préparation à l'Eucharistie de l'ancienne liturgie tirées du psaume 42.

 

 

 

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Et introibo ad altare Dei

Ad Deum qui laetificat juventutem meam.

 

J'irai à l'autel de Dieu

du Dieu qui fait la joie de ma jeunesse.

 

 

 

Elles résument à merveille notre quête permanente de la Vérité, de cette Vérité qui est le visage du Dieu de lumière.  Alors accueillons chaque jour un peu de sa Lumière, partons sur ce chemin de Dieu avec la certitude de rencontrer chaque jour une facette de ce Visage. Ne réclamons pas plus que ce que Dieu nous donne. Ayons confiance en la Providence.

 Voici un cantique rédigé par le cardinal Newman au moment où il se débattait contre les ténèbres avec toute son aspiration vers la Lumière de la Vérité.

 

 

 

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Conduis-moi, O très douce Lumière, dans les ténèbres qui m'environnent, conduis-moi, je ne demande pas à voir les horizons lointains, un seul pas à la fois, c'est assez pour moi, conduis-moi O très douce Lumière.

 

John Henry Cardinal Newman