05.01.2007
Une réflexion sur le péché
Bonsoir à tous,
Voilà longtemps que je souhaitais réfléchir avec vous sur le péché. Pas très réjouissant pour commencer l'année ! Mais je crois que bien souvent nous avons du péché une vision caricaturale et somme toute peu chrétienne. Du coup nos contritions sont un peu faussées et notre vie stationne.
J'ai trouvé ce texte percutant de Zundel sur le péché. Le péché n'est pas une désobéissance à une règle quelconque, à une loi qu'un Dieu extérieur nous aurait imposée. C'est une trahison d'amour envers un Dieu qui nous attend au fond de nous-mêmes et en nos frères, un voyage dans un monde où tout se centre sur nous-mêmes, sur nos passions aliénantes. Dans Avec Dieu dans le quotidien, Maurice Zundel va même un peu plus loin. Il remarque en effet que la plupart d'entre nous ne péchons pas, car vraiment pécher, ce serait enfreindre par plaisir et délibération cette amour divin. Bien souvent, prisonnier que nous sommes de nous-mêmes, de nos passions, de nos chaînes, de l'indifférence, nous nous écartons de Dieu.
Pour pouvoir poser un acte de péché, il nous faudrait avoir connu véritablement les abîmes de l'Amour, être devenu un Homme véritable et rejeter sciemment cet état. On s'aperçoît donc que dans la plupart des cas, nos "péchés" sont des actes de notre moi zéro et possessif et non de notre moi véritable. Le véritable combat n'est donc pas dans le respect d'une loi et d'une pureté extérieure, mais dans une quête permanente de cette véritable humanité en nous, de cette vigilance à mettre Dieu au coeur de nos vies.
Voici un petit résumé sur l'approche du péché par Zundel. Il vous permettra de bien comprendre le texte qui vient.
Le péché n'est pas d'abord telle ou telle action contraire à une loi, mais c'est essentiellement ce refus de nous-mêmes, cette possession de nous-même par nous-mêmes. C'est se tourner vers soi. Le mal essentiel, c'est justement de s'être détourné de Dieu et de s'être tourné vers soi.
C'est pourquoi la conversion consiste d'abord à se tourner vers Dieu en se détournant de soi. Il importe essentiellement de revenir constamment à ce fondement, d'atteindre en nous cette racine du mal qui est d'être tourné vers nous. Il importe aussi de voir toujours dans la vertu, essentiellement cet attachement à Dieu qui nous délivre de nous-mêmes et qui fait de nous un espace transparent où Il puisse répandre Sa Lumière.
C'est pourquoi l'essence de notre contrition doit porter avant tout sur ce fait : Dieu a été absent de notre vie. Il est parfois difficile de regretter un acte particulier dans lequel on a pu trouver une jouissance. Il vaut mieux, justement, ne pas regarder cet acte particulier, mais uniquement ce fait que l'on n'a pas aimé Dieu :
"Je pleure, disait un grand disciple de saint François d'Assise, Jacopone da Todi, je pleure parce que l'Amour n'est pas aimé".
Le Christ et l'âme chrétienne de Vélazquez.
C'est pourquoi, lorsque nous nous apercevons d'une infidélité quelconque, il faut qu'après en avoir pris conscience, nous nous jetions immédiatement aux pieds du Christ, comme Madeleine, que nous nous cachions dans Sa Lumière, que nous nous perdions dans Son Regard. Et ainsi nous pourrions toujours recouvrer l'état de grâce, même si nous l'avions perdu.
Dieu va-t-il me pardonner ? Mais oui : comme le dit admirablement la liturgie, Dieu est Lui-même la rémission des péchés. Il est Lui-même le vivant et éternel pardon. Dieu ne pourra jamais cesser de nous attendre et de nous aimer, comme le père de la parabole de l'enfant prodigue. Dès lors que nous sommes tournés vers Lui, le mal cesse d'exister puisqu'il est incompatible avec notre présence à Dieu.
Et cela, pratiquement, est d'une très grande importance. Il faut se dire : un acte d'amour sincère est incompatible avec l'état de péché ; un acte d'amour sincère redresse immédiatement la situation ; un acte d'amour sincère fait immédiatement circuler en nous la vie divine. Car Dieu est toujours là, Il est toujours là et, dès que nous y sommes aussi, le dialogue s'échange. Tenez donc pour certain que vous pouvez toujours aller communier, si vous en avez le désir profond et si vous regrettez sincèrement tout ce qui en vous a pu être contre l'amour. Alors, vous vous confesserez quand vous pourrez. Mais ne laissez jamais la communion pour une inquiétude de conscience quelconque, ayant toujours précisément la possibilité de retrouver le Cœur du Seigneur dans un élan d'amour vers Lui.
Il importe donc, essentiellement, de garder la paix, de vivre avec Dieu dans une entière confiance et, lorsque notre fragilité, notre fatigue, nos limites ou celles des autres nous provoquent au ressentiment, à la colère, à l'indignation ou au découragement, ne jamais nous arrêter une seconde à cet état, ne jamais demeurer dans le sentiment écrasant de la faute, mais tout de suite, sachant qu'il ne s'agit que d'aimer, nous tourner vers Lui, qui ne cesse jamais de nous attendre.
21:50 Publié dans Méditations et spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.01.2007
Très belle année 2007
Chers lecteurs, chers frères et soeurs dans le Christ,
Je tiens à vous souhaiter pour cette année 2007 tous mes voeux de bonheur vrai dans l'espérance que nous donne le Christ. Je rends grâce pour ce qu'Il permet à travers ces blogs, pour nos vies qu'Il transforme par le souffle de son Esprit et pour les chemins de libération intérieure et d'épanouissement qu'Il ouvre.
Oui je rends grâce pour toutes celles et ceux que le Seigneur m'a donné de connaître à travers ce blog et pour tout ce que vous m'apportez. Merci pour cette grande et belle amitié spirituelle qui nous lie.
Marie-Madeleine et Le Christ dans le Jardin de la Résurrection (artiste africain)
Je vous porte tous dans la prière, que je vous ai déjà rencontré ou non: je porte à l'autel à chaque eucharistie vos visages et vos prénoms. Que le Christ en cette année 2007 fasse de nos vies des vies debout et ressuscitées.
Dieu vous bénisse en cette année 2007 !
fraternellement
Aelred
10:53 Publié dans Actualité chrétienne et/ou gay | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
31.12.2006
Le mystère de la Theotokos : Marie, sacrement de l'amour maternel de Dieu
Chers lecteurs,
Aujourd'hui dimanche 31, fête de la Sainte Famille et demain lundi 1er Janvier, fête de Marie, Mère de Dieu, l'Eglise nous invite à méditer sur la maternité du chrétien par l'exemple de Marie et de Joseph. Je me pose la question : Comment moi, chrétien, je peux donner envie de croire au Christ ? Quand dans ma famille complètement déchristianisée, le fait même que j'aille à la messe est sujet de discorde, je me dis : quel visage du Christ donnes-tu ? Ce doit être une horrible caricature .... car le Seigneur ne récolte pas grand chose par moi dans mon entourage direct. Alors je pense que le texte du père Zundel que je nous ai trouvé peut nous aider, chacun à prendre nos responsabilités de chrétien dans le monde, et à la prière de la Très Sainte Mère de Dieu, à vraiment devenir mère du Christ en nous, en nos frères.
Marie, sacrement de l'amour maternel de Dieu.
(florilège d'extraits de sermons de Maurice Zundel)
Extrait n°1 : Dieu ne me contraindra pas, Dieu s’est totalement donné à moi, d’avantage il veut naître en moi. C’est le Seigneur qui nous le dit: Celui qui fait la volonté de Dieu est mon frère, ma sœur, et ma mère… MA MERE! Nous avons donc à enfanter Dieu, comme le commente Bède le Vénérable, dans un autre contexte, à L’enfanter en nous à Le nourrir et à Le faire grandir dans le cœur des autres. Dieu est notre mère et nous sommes aussi la sienne dans une réciprocité totale qu’il veut établir entre nous et lui. Que pouvons nous faire sinon de demander à la Mère du Seigneur de nous former à cette maternité divine, de nous éveiller au sens de la fragilité de Dieu, afin que nous surmontions nos limites pour l’accueillir, pour qu’Il ressuscite en nous.
Extrait n°2 : Marie est le sacrement de la maternité de Dieu, la tendresse de Dieu ! Toutes les mères, finalement qui ne sont pas indignes de ce nom, après une maternité de la nature, aboutissent à une maternité de la personne? Quand l’enfant est là, il faut l’élever; et pour l’élever, il faut s’élever! Et elles trouvent dans leur amour tous les trésors de dévouement.
Je me rappelle ce cri d’une femme dont on emmenait le fils en prison, et qui me disait: “Mais, si sa mère ne l’aimait pas, qui l’aimerait encore?”… Il fallait qu’elle l’aimât, pour qu’il fut rattacher à la vie. Il y a dans l’amour maternel quelque chose de merveilleux. L’amour maternel de la Sainte Vierge nous révèle l’Amour maternel de Dieu: puisqu’il en procède. Tout ce qu’il y a de maternité dans le cœur de Marie jaillit du cœur de Dieu, qui est encore infiniment maternel qu’Elle-même et justement pour que nous apprenions que Dieu est notre Mère, que nous le connaissions au Féminin, pas seulement au masculin: car Dieu est aussi féminin qu’il est, masculin, comprenant dans son éminance tous les aspects de l’être. Marie nous révèle Dieu au féminin: Elle nous révèle la maternité de Dieu. Elle nous permet de prier Dieu au féminin, comme une maman !
Extrait n°3 :
Dieu est plus mère que toute les Mères !
Le mémorial de la croix nous introduit dans les abîmes de l’amour, car le cœur de notre Dieu est le cœur le plus infiniment maternel qui puisse se concevoir, ou plutôt, il est inconcevable, Ce cœur est comme la source de toutes les tendresses et de tous les héroïsmes dont une mère fut jamais capable, la plus belle parabole de l”amour de Dieu est cet amour d’une mère qui s’identifie à son enfant au point de le vivre plus que lui-même.
Dieu s’identifie à une mère dans Isaïe: Quand une mère oublierait ses enfants et ne se souviendrait du fruits de ses entrailles, moi dit le Seigneur, je ne vous oublierai pas . Pour le prophète comme pour nous l’amour d’une mère est indépassable, il n’y a que l’amour de Dieu qui puisse le dépasser, car Dieu est infiniment plus mère que toutes les mères.
Comme une mère peut vivre la maladie et l'agonie de son enfant plus douloureusement que lui-même en raison de cette identification d'amour dont son amour est capable, Dieu n'est pas moins maternel que l'amour d'une mère ! Mais tout l'amour des mères, y compris celui de la Sainte Vierge elle même, n'est qu'une goutte dans cet océan de tendresse maternelle de Dieu !
Le visage du Dieu-mère, infiniment plus mère que Marie: Il est Père éternellement, mais il est Mère éternellement et tout ce qu’il y a de tendresse, de grandeur et de générosité dans l’amour des mères n’est que le jaillissement lointain, l’écho assourdi, de son amour. A travers le cœur de Marie qui se tient au pieds de la croix, à travers tous les miracles de l’amour maternel, à travers tout cet héroïsme humain qui témoigne de la tendresse divine, il nous faut en nous adorer ce Visage du Dieu-Mère et nous offrir à son amour avec tout l’élan discret et silencieux de notre amour.
12:45 Publié dans Méditations et spiritualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








