25.12.2006

Le plus beau cadeau de Noël : devenir présence réelle

 

  Que demande à l'enfant nouveau-né la famille émerveillée qui se presse autour de son berceau ? Rien d'autre que d'exis­ter. Il suffit qu'il existe pour que chacun se sente comblé.

Si l'on allait jusqu'au bout de cette intuition dont toute mère éprouve la vérité dans le miracle du tout-petit qui remplit ses bras d'un univers aussi précieux qu'il est fragile, on en concluerait que la grandeur de l'homme est en lui-même et qu'il agit réellement dans la mesure où il existe.

 

 Mais pour l'adulte, il ne suffit pas d'être là pour exister. On peut être là, en effet, comme un parasite et s'arranger pour se faire porter par les autres, en grignotant leur travail, leur san­té, leur jeunesse ou leur bonheur.

 

On peut être là, au contraire, comme un créateur, dont la seule présence suscite la joie, ouvre l'espace, renouvelle et ennoblit la vie.

 

 

Parasite ou créateur : il faut choisir.

 

 

Personne ne voudrait, assurément, que son miroir lui renvoyât l'image du parasite qu'il rougirait d'être, s'il se pouvait voir dans cette humiliante posture. Mais, il n'est qu'une seule manière d'échapper au parasitisme, c'est de faire de tout son être un don, un cadeau, un présent. C'est à ce prix que l'on devient une présence réelle, une existence authentique, qui éclate comme la musique silencieuse où le coeur reconnaît la voix de son amour.

 

 

 

 

 

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Et qu'est-ce que Noël, justement, sinon la révélation du Don qui est Dieu, en l'enfant de Bethléem où Il se livre à l'humanité, et l'appel, adressé à chacun de nous, à devenir ce qu'Il est dans une existence de pure générosité.

 

 Tel est le merveilleux cadeau de Noël : de pouvoir exister librement en faisant de nous-même le cadeau qui comble les autres, en retour du cadeau que Dieu nous fait de Lui-même dans la fragilité de l'enfance déjà marquée du signe de la Croix qu'Il confie à notre amour, qu'Il remet entre nos mains.

 

Maurice Zundel

24.12.2006

Viens, viens Emmanuel

Chers amis et lecteurs de la blogosphère.

 

Me voici de retour après ce temps d'absence, pour une quinzaine de jours. J'ai déjà sélectionné quelques textes et réflexions que je vous partagerai avec grande joie. En ce dimanche 24 décembre, dernier dimanche de l'Avent et en fin de soirée, début de la grande veillée de Noël, puissions nous préparer nos coeurs à accueillir ce Dieu qui tel l'époux du Cantique des Cantiques vient franchir toutes les montagnes pour nous rejoindre, pour faire luire sur nous la lumière de son Visage. Sachons répondre à son amour, et faire jaillir en nous ce désir de Dieu qui git en nos coeurs.

Oui, en cette veillée de Noël qui approche, le Seigneur vient murmurer à l'oreille de notre coeur un secret d'amour celui que chante le Cantique des Cantiques que la liturgie de l'Eglise nous donne à méditer le 21 décembre.

 

 

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Dans la campagne, les fleurs apparaissent

Le temps des chansons arrive

le roucoulement de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes.

Le figuier forme ses premiers fruits

la vigne en fleur exhale son parfum

Lève toi mon amie,

viens ma toute-belle !

Ma colombe blottie dans le rocher,

cachée dans la falaise,

Montre-moi ton visage,

fais-moi entendre ta voix;

car ta voix est douce

et ton visage est beau.

 

 

 

Cette nuit de Noël où l'humanité prend le visage de Dieu nous redit combien le Seigneur nous aime et qu'il a besoin de notre amour pour achever la Création. Alors, en cette nuit prenons l'engagement de faire de nos vies un acte créateur, un élan vers nos frères et vers Dieu, éternellement pauvre et fragile qui attend notre amour et veut devenir notre passion. Puisse la conversion de Paul Claudel à la Noël 1886 dont voici le récit par Maurice Zundel, nous faire percevoir l'immense enjeu de cette belle fête de la Nativité.

 

Claudel s'est converti le jour de Noël 1886: il est entré à Noël à Notre Dame de Paris en esthète et en dilettante, il y est entré pour se désen­nuyer, ne sachant que faire de mieux et, comme il était très bon latiniste, il entendait le chant des vêpres à Notre Dame et en particulier ce "De Profundis" si étrange et si bouleversant qui est chanté aux secondes vêpres de Noël et, tout d'un coup, il fut saisi jusqu'au fond de lui-même en reconnaissant- "l'innocence déchirante et l'éternelle enfance de Dieu."

 

 

 

 

 

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Et il sortit de là converti malgré lui: malgré tous ses efforts, il ne put jamais échapper à cette emprise. Il avait découvert Dieu sous sa forme de suprême pauvreté. Il avait découvert avec Saint François le petit enfant de Bethléem, l'enfant de la suprême pauvreté et il avait reconnu ce qui est sans doute la réponse la plus convaincante : et la seule adéquate au mystère du mal: il avait reconnu "l'innocence déchirante et l'éternelle enfance de Dieu. (Maurice Zundel, conférence de Carëme au Vatican en 1972)

 

 

 

 

Très belle nuit de Noël à toutes et à tous.

04.11.2006

La parabole du Vitrail


Un vitrail dans la nuit est un mur opaque,
aussi sombre que la pierre
dans laquelle il est enchâssé.

Il faut la lumière
pour faire chanter la symphonie des couleurs
dont les rapports constituent sa musique.

 

 

 C'est en vain que l'on décrirait ses couleurs,
c'est en vain que l'on décrirait le soleil
qui les fait vivre.

On ne connaît l'enchantement du vitrail
qu'en l'exposant à la lumière qui le révèle
en transparaissant à travers sa mosaïque de verre.

Notre nature est le vitrail enseveli dans la nuit

Notre personnalité est le jour qui l'éclaire et qui allume en elle un foyer de lumière.

 

 

 

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La Visitation

 

 

Mais ce jour n'a pas sa source en nous.
Il émane du soleil,
du Soleil vivant qui est la Vérité en personne.

C'est ce Soleil vivant que les hommes cherchent
dans leurs ténèbres.

Ne leur parlons pas du Soleil, cela ne leur servira de rien.

Communiquons-leur sa présence
en effaçant en nous tout ce qui n'est pas de Lui.

 

 

Si son jour se lève en eux,
ils connaîtront qui Il est
et qui ils sont
dans le chant de leur vitrail.

La vie naît de la VIE.

 

 

Si elle jaillit en nous
de sa source divine clairement manifestée,
qui refusera de s'abreuver à cette source
en l'ayant reconnue
comme la Vie de sa vie  ?

 

 

Maurice Zundel

 

 

 

 

C'est sur cette belle prière que je vous laisse, frères et soeurs dans le Christ, frères et soeurs en humanité, jusqu'au 20 décembre à peu près car voici que la rentrée approche. Je vous souhaite un très bel avent d'ici là et sachez que je vous compte dans ma prière quotidienne.

En Christ,

Aelred