20.03.2008

Fête de la Sainte Cène du Seigneur

ANIMA Christi, sanctifica me.

 


Corpus Christi, salva me.

 


Sanguis Christi, inebria me.

 


Aqua lateris Christi, lava me.

 


Passio Christi, conforta me.

 

 

O bone Iesu, exaudi me.

 

 

Intra tua vulnera absconde me.

 


Ne permittas me separari a te.

 


Ab hoste maligno defende me.

 


In hora mortis meae voca me.

 


Et iube me venire ad te,

 


Ut cum Sanctis tuis laudem te

 


in saecula saeculorum.

 



Amen.

 

 

 

 

 

 

 

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Paroisse anglicane St Clément (Philadephie)

 

 

 

 

Ame du Christ, sanctifie moi

 

Corps du Christ, sauve moi


Sang du Christ, enivre-moi


Eau du côté du Christ, lave-moi


Passion du Christ, fortifie-moi

 


O bon Jésus, exauce-moi

 


Dans tes blessures, cache-moi


Ne permets pas
que je sois séparé de toi


De l'ennemi, défends-moi


A ma mort, appelle-moi


Ordonne-moi de venir à toi,


Pour qu'avec les saints je te loue


Dans les siècles des siècles.

 

Amen

 

 

 

 

Voici, pour écouter ce cantique daté du XVIème siècle, attribué par certains à Ignace de Loyola. Il est ici interprété par les choeurs diocésains de Rome (oui, oui vous êtes sur le blog d'un vieux catholique d'Utrecht...) sur une mélodie de Mgr Marco Frisina.

podcast 

28.02.2008

Ne regarde pas nos péchés mais la Foi de ton Eglise

En ce temps de Carême, je voulais réfléchir un peu avec vous sur l'humilité et la Foi. La belle prière que dans l'Eglise catholique romaine, le prêtre récite avant l'Agnus Dei Ne regarde pas nos péchés mais la Foi de ton Eglise résume bien la confiance qui doit habiter le chrétien devant le Christ.

Saint Jean Climaque, moine et père abbé du monastère du Mont Sinaï à la fin du VIème et au début du VIIème siècle, dans son ouvrage d'ascétisme L'Echelle Sainte qui a fortement marqué la spiritualité monastique et notamment dans la France du XVIIème siècle, les religieuses de Port Royal des Champs et  surtout l'abbé de Rancé, réformateur de la Trappe, fait de cette confiance le premier degré de la découverte du Christ en nous.

 

Les passions nous dominent, nous sommes faibles : alors présentons au Christ, avec une grande confiance, notre faiblesse et notre impuissance spirituelles ; confessons-les devant lui. Il nous aidera sans tenir compte de nos mérites, à la seule condition que nous descendions sans cesse, jusqu'au fond, dans l'abîme de l'humilité. (Jean Climaque, Echelle Sainte)

 

Or qu'est ce que l'humilité ? Olivier Clément, éminent théologien et spirituel orthodoxe, professeur à l'Institut St Serge de Paris, dit que l'humilité n'est pas volonté de n'être rien mais acceptation de soi-même dans l'ouverture à l'Autre.

 

 

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Autrement dit, nul ne sert au chrétien de se flageller pour atteindre l'humilité. Il lui faut apprendre à se connaître sans refouler aucune partie de lui-même et il rencontrera le Visage du Christ en lui. Le Christ nous rejoint dans tout ce que nous sommes. Et si dans les moments d'accablement qui nous guette tous, nous avons le sentiment d'une absence de Dieu, confions lui nos manques, notre incapacité à nous repentir, à aimer. C'est lui qui aimera à travers nous et qui sera notre repentir.

 

 

Nous pouvons dire cette belle prière d'Isaac le Syrien, moine et évêque de Ninive au VIIème siècle dont la pensée est encore au centre de la réflexion et de la vie spirituelle des Eglises pré-chalcédonniennes, des Eglises du monde slave et des moines de l'Athos.

 

 

 Seigneur Jésus-Christ, notre Dieu,  Toi qui as pleuré Lazare et versé sur lui les larmes de l'angoisse et de la compassion, reçois les larmes de mon amertume.

 

Par tes souffrances apaise mes souffrances. Par tes plaies, guéris mes plaies. Par ton sang, purifie mon sang. Répands dans mon corps le parfum de ton corps vivifiant, car le fiel dont as été abreuvé change en douceur l'amertume de mon âme (...).

 

Que ton corps tendu sur le bois de la Croix, déploie vers toi mon esprit que les démons écrasent, que tes mains saintes percées de clous m'arrachent au gouffre de la perdition et me ramènent à Toi, comme tu l'as promis.

 

Que ton Visage qui reçut gifles et crachats éclaire mon visage souillé par mes injustices. Que ton âme que sur la Croix, tu as remise à ton Père me conduise à Toi dans ta grâce.

 

 

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Je n'ai ni le coeur brisé pour partir à ta recherche, ni repentir, ni tendresse (...). Je n'ai pas de larmes pour te prier. Mon esprit est enténébré, mon coeur est froid, je ne sais pas le réchauffer par des larmes d'amour pour Toi.

 

Mais toi, Seigneur Jésus-Christ mon Dieu, donne-moi le repentir total, le brisement du coeur, pour que de toute mon âme, je parte à ta recherche. Sans toi, je serais privé de toute réalité. (...)

 

Que le Père qui dans l'Eternité t'a engendré dans son sein, renouvelle en moi ton image.

 

Je t'ai abandonné. Ne m'abandonne pas.

Je me suis éloigné de Toi. Toi, sors à ma recherche.

 

Conduis-moi dans ton pâturage, parmi les brebis de ton troupeau. Avec elles nourris moi de l'herbe fraîche de tes mystères dont le coeur pur est la demeure, ce coeur qui porte en lui la splendeur de tes révélations. (...)

Puissions nous être dignes d'une telle splendeur

 

Par ta grâce et ton amour de l'Homme,

O Jésus-Christ notre Sauveur,

dans les siècles des siècles.

 

Amen.

 

Isaac le Syrien (VIIème siècle)

 

 

 

24.02.2008

Réveille en nous les sources de l'eau vive

Chers frères et soeurs

 

Me voici de retour pour une quinzaine de jours. Nous allons faire un bout de chemin ensemble pendant ce Carême autour des textes et prières que je mettrai en ligne ces jours-ci.

 

En ce troisième dimanche de Carême, nous méditons sur cette belle rencontre de Jésus avec la Samaritaine au bord du puits de Jacob. Cet Evangile nous renvoie à ce désir de Dieu inscrit au plus profond de notre coeur. A nous de désensabler nos profondeurs pour faire briller à nouveau en nous le Visage de Dieu, certes terni pour le moment mais toujours présent comme la drachme qui a roulé dans la poussière mais qui reste frappée à l'effigie du Roi d'Amour.

 

 

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Dans l'homélie ce matin, le prêtre a résumé ainsi cet Evangile : L'Evangile de la Samaritaine c'est l'histoire de notre vocation. A l'origine de toute vocation, il y a la rencontre de deux désirs, celle du désir du  Seigneur pour nous avec notre désir de Dieu. Que le Dieu qui n'est que désir et amour pour nous trouve en nous la source qui étanchera sa soif !

 

 

Voici une méditation tirée d'une Homélie sur la Genèse d'Origène, père de l'Eglise qui a vécu de 185 à 253.

 

 

" Chacune de nos âmes contient un puits d'eau vive, il y a en elle une image de Dieu enfouie. C'est ce puits que les puissances adverses ont obstrué de terre. Mais maintenant qu'est venu le Christ, accueillons son avènement et creusons nos puits, rejetons en la terre, purifions les de toute ordure. Nous trouverons en eux l'eau vive, cette eau dont le Seigneur dit :  Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive jailliront de sa poitrine (St Jean 7, 38). (...)

 

  

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Car Il est là le Verbe de Dieu, et son opération actuelle est d'écarter la terre de votre âme à chacun, pour faire jaillir votre source. Cette source est en vous, et ne vient pas du dehors , car le Royaume de Dieu est en vous  (St Luc 17, 21).

Ce n'est pas au-dehors mais chez elle, que la femme qui avait perdu sa drachme (St Luc 15, 8) la retrouva : elle avait allumé sa lampe, elle avait  balayé sa maison et c'est là qu'elle retrouva sa drachme. Quant à vous, si vous allumez votre lampe , si vous vous servez de l'illumination du Saint-Esprit, si vous voyez la lumière dans sa lumière , vous trouverez la drachme en vous. Car c'est en vous que se trouve l'image du Roi céleste.

Quand Dieu fit l'homme au commencement, il le fit à son image et ressemblance (Gen 1, 26) ; et il n'imprime pas cette image à l'extérieur mais au-dedans de lui. On ne pouvait la voir en vous tant que votre maison était sale, pleine d'ordures et de plâtras. (...) Mais débarrassés par le Verbe de Dieu de cette grande masse de terre qui vous oppressait, faites resplendir en vous maintenant l'image de l'homme céleste . L'artisan de cette image est le Fils de Dieu. Artisan d'une telle valeur que son image peut bien être obscurcie par la négligence , mais non pas détruite par le mal. L'image de Dieu demeure toujours en vous."

 

Origène